Ce soir je pleure

Je suis en colère ; mais au fond je crois que je suis en colère contre moi-même, en colère contre toutes ces parties de moi pour toutes ces fois où j’ai échoué, pour toutes ces fois où je ne me suis pas aimée, où je me suis sentie incapable, pas à la hauteur, où j’ai eu peur du regard des autres, où je me suis jugée, où j’ai laissé filer ma vie, pour toutes ces fois où je n’ai pas osé, où je suis restée seule, où je ne suis pas passée à l’action…

Ce soir, je m’en veux même jusqu’à ma propre incarnation ici…

Je suis en colère contre tous ces chaos intérieurs et ces souffrances que j’ai dû traverser, contre toute cette rage qui a empoisonné mon corps et mon esprit.

Je m’en veux de m’être senti perdue dans ce monde, sans repère, ni base, ni structures auxquelles me raccrocher. Je m’en veux d’avoir voulu tellement de fois partir, fuir et quitter cette terre, je m’en veux de me sentir étrangère, de me sentir seule parfois même au milieu de plein d’autres personnes. Je m’en veux même de m’en vouloir…

Et je me demande comment un si petit corps a pu contenir autant de colère, de rages et de cris intérieurs. Toutes ces larmes versées qui forment à elles seules un océan d’émotions aussi dévastatrices que créatrices. Des cimes aux abîmes il y a parfois une frontière infime. A la frontière du réel ou de l’imaginaire. De la rage au sage, de la colère à l’amour sincère. Le chemin est long et parsemé d’embûches. D’une rive à l’autre il n’y a qu’un pas ou pas ! Je suis arrivée de l’autre côté de la rive. Mais là ce soir, tout mon être me rappelle qu’il y a encore du noir.

Plonger dans le noir, dans ces marécages, ce n’est pas très glamour mais c’est aussi en allant contacter nos eaux troubles que l’on peut ramasser les impuretés afin de rendre cette eau pure et limpide. Aller contacter nos eaux qui sont reliées à nos émotions pour y retirer nos maux et y déposer nos plus beaux cadeaux. Là j’y dépose aussi mes fardeaux, mais l’espace d’un instant, car la vie sait et l’univers m’accompagne et m’aide à transmuter à chaque instant. Ces instants où le temps semble s’être arrêté, où on aimerait parfois l’accélérer et à d’autres le ralentir.

Ce soir je pleure mais la vie est là pour moi.

Caroline Poudevigne

www.lumiere-interieure.fr

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